La plaque commémorative de Rose Valland posée sur sa tombe, le 16/09/2006 cimetière de Saint-Etienne de Saint-Geoirs,

 

 

 

 

 

 

Le discours de Madame la présidente de l' association "Rose Valland"

 

 

Bonjour et merci d' être là. c' est dans le cadre des journées du patrimoine que nous posons symboliquement une plaque qui rappelle l' action de Rose Valland. Un devoir de mémoire tel est le statut de l' association "la mémoire de Rose Valland". Merci à Camille Garapont, légataire de Rose Valland, de nous permettre d' exister. A l' origine de la création de l' association, Nanou Depraz, parmi nous ce jour, et que je remercie,.Ce sont des dizaines de personnes qui nous aident: le conseil général et le conseiller général René Vette qui outre le fait d' avoir contribué à la réalisation de cette initiative, s' est "battu" pour que le collège de la commune porte le nom prestigieux de Rose Valland. Le député Georges Colombier , lui, a fortement intercédé auprès du ministre de la culture, Donnedieu de Vabre,pour la pose de la plaque au jeu de paume. La municipalité qui a baptisé une place et qui aide l' association avec une subvention. En effet , il est difficile avec un statut de devoir et de mémoire, de faire tout et n' importe quoi. Ce serait injuste d' oublier l' aventure que les expositions sur Rose Valland tant à St.Etienne de St.Geoirs, ou à Limoges, nous ont permis de connaître...Là encore, grâce au concours de l' éducation nationale , du monde de la résistance, du consulat des etat-unis, de la fondation Yves Saint-Laurent, et tant d' autres. Merci aux membres de l' association avec une mention à Jean-Claude Sermay pour le site internet et à l' infatigable secrétaire Maurice Galliard. Bien sûr , il y a encore à faire : expositions , livre...Mais comment ne pas croire que nous y arriveront quand parmi les excusés du jour, j' avais hier soir au téléphone Mariani-Ducret, directrice des musées de France, et Isabelle Le Moine de Clermont, directrice des archives au Louvre, qui découvrait que la ligne Paris-Grenoble "en avion", n' existait plus , et qui de ce fait ne pouvait être avec nous. J' ai reçu nombres d' excuses, je n' en citerai que quelques unes: Mesdames Simone Weil, Christine Crifo, Messieurs Amlaoui Mekachera, André Vallini, Jean Guibal, Gérard Annequin, Catri, le président de l' ONAC, le porte-drapeau du souvenir Français, Lili Fagot, Paul Burlet...Merci encore pour votre présence pour cet hommage à Rose Valland.

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La tombe de Madame Odette Gonon, une ancienne amie de l' association, n' est pas oubliée.---Non loin de Rose Valland, un autre héros de cette guerre . C' est assez remarquable pour en parler un peu...

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Après quelques instants de recueillement, la municipalité et Philip Boyer de "Chartreuse Diffusion" offrent le verre de l' amitié à la mairie.

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communiqué de presse : Un hommage à Rose Valland, attachée de conservation des musées nationaux

mercredi 27 avril 2005

Renaud Donnedieu de Vabres, Ministre de la Culture et de la Communication, dévoilera ce jour, sur le mur extérieur sud du Jeu de Paume, une plaque à la mémoire de Rose Valland (1898-1980), attachée de conservation des musées nationaux sous l’Occupation.

De l’automne 1940 à l’été 1944, le bâtiment du Jeu de Paume, alors musée national des Ecoles Étrangères contemporaines, fut réquisitionné par les forces allemandes d’occupation pour entreposer, trier et expédier en Allemagne les dizaines de milliers d’oeuvres et d’objets d’art volés à des collectionneurs ou à des marchands juifs.

Ce pillage de l’art visa également des fonds d’ateliers d’artistes et de simples logements abandonnés. Il fut accompli au bénéfice de dignitaires nazis ou d’institutions politiques ou culturelles du IIIème Reich. Certaines de ces spoliations alimentèrent le marché de l’art parisien “ épuré ” de ses marchands juifs, déportés ou exilés.

Sur ordre de Jacques Jaujard (1895-1967), alors directeur des musées nationaux, Rose Valland, attachée de conservation au musée du Jeu de Paume, suivit et enregistra quotidiennement ces opérations à l’insu de l’occupant. Le zèle et le courage qu’elle déploya dans cette périlleuse mission permit, après la capitulation du Reich, la localisation et la restitution de plus de 45.000 œuvres d’art aux familles qui avaient été dépouillées.

Rose Valland a rassemblé ses souvenirs dans un livre, Le Front de l’Art (Plon, 1961 ; rééd Réunion des musées nationaux, 1997, épuisé). Son action au Jeu de Paume a inspiré le film de John Frankenheimer, Le Train, 1965.
L’association “ La Mémoire de Rose de Valland ” a été fondée en 1998 dans le pays natal de l’héroïne, Saint- Etienne-de-Saint-Geoirs (Isère) : elle s’est donné pour but de faire connaître au plus grand nombre son action au Jeu de Paume, et collabore, notamment avec l’Education nationale, à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme.

Elle publiera prochainement une monographie abondamment illustrée sur Rose Valland, éditée par la direction du patrimoine du département de l’Isère.

Les musées et les oeuvres spoliées pendant la Seconde Guerre mondiale

L’important travail mené depuis 1996 a permis de bien expliquer, dans le cadre national comme international, ce qu’a été l’histoire de la confiscation et de la restitution des oeuvres d’art spoliées en France pendant la Seconde Guerre mondiale. Les questions soulevées actuellement portent essentiellement sur les demandes de restitutions ou de compensations financières présentées par des ayants droit.

Pillage et récupération
Dès janvier 1943, une déclaration solennelle des gouvernement alliés exprima leur détermination à mettre en échec les opérations d’expropriation pratiquées par les pays en guerre en se réservant le droit de déclarer non valables tous transferts ou transactions relatifs à des biens se trouvant dans les territoires occupés.
Cette déclaration est à la base des principes législatifs et réglementaires qui ont permis la récupération des oeuvres d’art en Allemagne et, dans la mesure du possible, leur restitution aux familles spoliées.
En 1945, les institutions et les particuliers allemands durent déclarer les oeuvres d’art en leur possession et provenant de pays occupés, afin qu’elles fassent retour dans leur pays d’origine pour la reconstruction de chaque patrimoine national.
60 000 objets revinrent ainsi en France, le travail efficace de la Commission de récupération artistique permit d’en rendre plus de 45 000 à leurs légitimes propriétaires.

Les M.N.R.
Il restait donc à déterminer le sort des 15 000 oeuvres qui n’avaient pas été réclamées, soit, pour celles qui avaient été spoliées parce qu’il n’avait pas été possible de déterminer l’identité des propriétaires, soit parce qu’elles avaient fait l’objet de transactions légales, pour certaines mêmes dans le cadre d’actes patents de collaboration. Le décret du 30 septembre 1949 retint le principe d’en confier une partie aux musées nationaux pour les préserver.
13 000 objets furent mis en vente par l’administration des domaines ; 2 000 oeuvres, dont environ 1 000 tableaux, furent remises à la garde des musées nationaux.
Ces oeuvres sont couramment appelées” MNR” du nom des inventaires spéciaux sur lesquels elles sont inscrites. MNR signifie” Musées Nationaux - Récupération ‘

Etat actuel de la question
La fin des années 1990 a vu, en France comme à l’étranger, s’affirmer la nécessité, cinquante ans après, de mesurer l’ampleur des dommages causés de 1933 à 1945 aux familles considérées comme juives par l’Allemagne nazie, à la fois pour en garder la mémoire et pour compléter les mesures d’indemnisation prises dans l’après-guerre. Si, d’un point de vue matériel, les questions essentielles portaient sur les spoliations financières, l’aryanisation économique et l’immobilier, le sort des objets d’art pendant l’Occupation a fait également l’objet d’interrogations légitimes.


1996-1993
Pour y répondre, la direction des musées de France a:
-- organisé un colloque en mai 1996, consacré au Pillage des oeuvres d’art et dont les actes ont été publiés aux éditions Adam Biro;
-- organisé en 1997, à travers les musées nationaux et territoriaux dépositaires, une exposition présentant les 2 000 oeuvres MNR (le musée national d’art moderne au Centre Georges Pompidou a pris la même initiative)
-- mis à disposition en 1996 sur le site Web du ministère une base de données donnant une notice signalétique de chacune de ces 2000 oeuvres (“ Catalogue des MNR www.culture.gouv.fr/documentation/mnr/pres.htm);
--demandé à la Réunion des musées nationaux de rééditer les mémoires de Rose Valland, Le Front de l’Art (Pion, 1961; rééd. RMN 1997 épuisée.)

1999-2005
Les travaux ont pris une toute autre ampleur grâce au concours apporté par la Mission d’étude sur la spoliation des juifs de France (1997-2001), qui a mis à disposition de la direction des musées de France treize contractuels de janvier 1999 à juin 2000. La direction des musées de France a ainsi pu
-- mener à bien une étude intitulée Le Pillage des oeuvres d’art et les oeuvres revenues d’Allemagne, publiée au mois de mai 2000 à la Documentation française comme rapport sectoriel de la Mission ; elle traite des spoliations, des restitutions et de la politique d’indemnisation mise en place par la RFA à partir de 1957
-- rédiger les historiques détaillés des 2 000 MNR qui sont progressivement ajoutés aux notices signalétiques déjà en ligne sur la base MNR l’intégralité des notices des peintures est disponible et a fait l’objet en mars 2004 d’une publication papier, éditée par la Réunion des musées nationaux
-- établir que 10 % environ de ces oeuvres ont été saisies pendant l’occupation par des services allemands dans le cadre de spoliations, le restant ayant été exporté à la suite de transactions commerciales normales - restituer une soixantaine d’oeuvres depuis 1994, essentiellement à des ayants droit de gaieristes ou de collectionneurs,

A la suite des travaux de la Mission, deux institutions se sont mises en place, la Fondation pour la mémoire de la Shoah et la Commission pour l’indemnisation des victimes de spoliations intervenues du fait des législations antisémites en vigueur pendant l’occupation. La direction des musées de France leur apporte son concours en tant que de besoin.

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