Avecl’autorisation de « L’internaute » ---- http ;//www.linternaute.com/actualite/magazine/objets-voles-nazis/

 

Extraits d’un travail réalisé par "L’internaute", où vous retrouverez l’intégrale du document diffusé.

Ces quelques images complètent nos documents de travail sur ROSE VALLAND.

 

1-Pillage organisé----

 

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Entre 1940 et 1944, une unité spéciale appelée Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg (ERR) était chargée de sélectionner, de collecter et de rapatrier en Allemagne les objets qui avaient un intérêt pour les Nazis. Ici, des ouvrières trient des articles ménagers en 1942-1943.

-3-17 septembre 1940

Le 17 septembre 1940, le commandement en chef de la Wehrmacht autorise Alfred Rosenberg, théoricien nazi, a transporter en Allemagne les œuvres d'art récupérées. L'ordre mentionne aussi que "le Fuhrer se réserve lui-même la décision sur leur future attribution". La Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg est créée peu de temps après.

 -4-collections privées

Le pillage des biens juifs a commencé en juin 1940. Les Nazis se sont emparés d'œuvres d'art prestigieuses comme des Cézanne, des Braque, des Chagall qui appartenaient entre autres à Arthur Levy, Maurice de Rothschild ou encore M. et Mme Dreyfus.

  

-5-jeu de paume

La Galerie nationale du Jeu de Paume à Paris a servi de musée temporaire pour entreposer les dizaines de tableaux et d'œuvres volés par les Nazis dès leur arrivée dans la capitale en juin 1940. Ici, une salle d'exposition du Jeu de Paume en novembre 1943.

-6-milliers d'objets d'art

Selon les estimations, 650 000 objets d'art ont été volés aux Juifs pendant la Seconde guerre mondiale. Des milliers d'autres n'ont jamais été retrouvés. Ici, les caisses en bois qui servaient à leur transport, en 1942-1943.

-7-art dégénéré

Avant même leur arrivée au pouvoir en Allemagne, les Nazis avaient conceptualisé l'Entartete Kunst ou "art dégénéré". Sous l'égide de Joseph Goebbels, ministre du Reich, une liste d'artistes et d'œuvres d'art jugé transgressif a été établie.

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Parmi tous les objets d'art, certains, repérés par les dirigeants nazis, ont enrichi leurs collections personnelles. Les premiers convois en février 1941 ont ainsi acheminé des dizaines d'œuvres dans la ville natale d'Hitler, Linz, pour un futur musée à son effigie. Ici, en juillet 1943.

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Lits, vêtements, chaussures, jouets... Les objets réquisitionnés sont très divers tels ces baluchons de linge de maison et de draps.

  

 A la différence du pillage qui est spontané, la spoliation est l'appropriation volontaire et réfléchie des biens d'autrui. Ici, le directeur du centre français de la Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg, le colonel Kurt von Behr, fait visiter les locaux à un autre officier allemand.

 

 

Leles objets étaient rangés dans ces caisses en bois, étiquetées selon leur destination. Celles destinées au Fuhrer comportaient la lettre "H", celles destinées à Goering la lettre "G".

L'immeuble Lévitan du 85-87 rue du Faubourg Saint Martin à Paris, occupé par des Juifs, a été réquisitionné et occupé, entre juillet 1943 et août 1944, par des détenus du camp de Drancy chargés de trier, réparer et emballer les objets volés. Ici, des ouvriers cousent des brassards à partir de tissus récupérés.

 

Les directeurs de musées se sont opposés au pillage systématique des collections d'art notamment le responsable du Musée du Louvre. La conservatrice du Jeu de Paume, Rose Valland, a joué un rôle héroïque en tenant une comptabilité secrète de chaque objet spolié. Après la guerre, elle s'est battue pour leur restitution

 

Une fois étiquetés, les objets destinés à l'Allemagne étaient envoyés par camion et par train au château de Neuschwanstein, immense demeure construite par Louis II de Bavière, situé près de Fussen, au Sud de la Bavière.

  

loisirs des nazis

Les Nazis, pour certains grands amateurs d'Art, ont organisé des expositions d'œuvres spoliées au Jeu de Paume, à Paris. Des chefs d'œuvres comme des Picasso, des Matisse et des Van Gogh y étaient secrètement entreposés.

 

 

A partir de la fin 1941, les Nazis ont élargi le pillage à tous les biens juifs c'est la Möbel Aktion.  Les logements des déportés sont vidés et leurs objets récupérés.

Adolphe Schloss, grand collectionneur d'art, avait légué 33 tableaux de maîtres à ses descendants, parmi eux la Pieta de Petrus Christus, une Vierge d'Isenbrandt, et une Vénus de Gossaert. Cachée, elle fut découverte et dérobée par la Gestapo en août 1943. 262 toiles furent entreposées au Jeu de Paume mais après la guerre, elles furent dispersées à travers le monde.

 

Avec la récupération d'objets de la vie quotidienne, la logique implacable des Nazis s'étend à l'histoire des personnes arrêtées et déportées. Une manière de faire disparaître toute trace de leur existence.

 

Seules les œuvres et objets remarquables étaient envoyés en Allemagne. Le mobilier et les objets modestes étaient pour la plupart exposés dans des grands magasins parisiens. Les responsables nazis pouvaient les choisir pour leur domicile.

 

Outre le Jeu de Paume, plusieurs autres lieux parisiens ont été utilisés : le Palais de Tokyo, le Musée du Louvre, un hôtel particulier de la rue Bassano, la Gare du Nord, les Entrepôts et Magasins Généraux d'Aubervilliers. Ici, du mobilier ancien entreposé au château de Neuschwanstein.

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Plus de 20 000 œuvres d'art volées aux Juifs ont été répertoriées et entreposées au Jeu de Paume à Paris.

 A partir de 1942, le pillage des biens juifs est généralisé et accéléré. Un service du nom de "Dienststelle Westen" et dirigé par le colonel Kurt Von Behr, repère les habitations vacantes. Ce nazi est le représentant français de l'ERR.

Ce salon ancien, avec fauteuils, commode, table et coupe, confisqué par les Nazis a été exposé dans un grand magasin parisien.

 

Parmi les tableaux dits d'Art dégénéré, certains ont été vendus. Les autres furent brûlés dans la cour du Jeu de Paume, le 27 juillet 1942 comme des toiles de Pablo Picasso et de Salvador Dali. Ici, des salles du château de Neuschwanstein.

 Malgré leurs précautions d'avant guerre, (cacher leurs œuvres incroyables dans divers lieux en région), les frères Rothschild ont vu leur collection traquée puis saisie par les Nazis. Elle finira en caisse, envoyée pour une grande partie en Allemagne le 3 février 1941.

 

Certaines photos témoignent de la folie nazie et de leur incroyable organisation. Trié puis nettoyé et enfin plié, le linge de maison, comme ces serviettes et ces draps, est ensuite entreposé dans ces bahuts.

 

Selon la mission Mattéoli de 1997 chargée d'étudier la spoliation des Juifs français, 38 000 appartements ont été vidés de leur contenu par les Nazis. Ici, des malles et des boites scellées. Des bagages arrachés aux Juifs juste avant leur déportation ?

 

Le château de Neuschwanstein a servi de lieu de dépôt des objets dérobés en France mais aussi en Belgique et dans les pays de l'Est. Comme par exemple 3978 tableaux et objets du pavillon de chasse autrichien de Louis V. Rothschild.

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La brigade de l'ERR réalisait des catalogues raisonnés d'objets d'art pour les présenter à Adolf Hitler. Il pouvait ainsi sélectionner les œuvres pour son futur musée de Linz. 39 de ces catalogues furent découverts à Neuschwanstein après la guerre.

 

De 1943 à août 1944, les magasins généraux du 43, quai de la Gare, dans le quartier parisien de Tolbiac, ont servi d'entrepôt de tri et de stock des objets volés. Beaucoup d'entre eux étaient envoyés dans les villes allemandes bombardées par les Alliés.

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Certains des objets qui transitaient par le Jeu de Paume ont été subtilisé par des dirigeants nazis. Hermann Goering, commandant de la Luttwaffe, a ainsi choisi 875 peintures et autres chefs d'œuvres pour son usage personnel.

 

 

Pendant l'été 1943, des détenus du camp de Drancy sont transférés à Paris dans trois camps de travail nouvellement créés. Ils sont chargés de la récupération et du tri des quelques 100 000 objets d'art et autres volés

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Historien et marchand d'art, Bruno Lohse est repéré par Goering qui le charge de repérer les œuvres intéressantes dans les pays à conquérir. Co-responsable de l'ERR avec le colonel Kurt von Behr, Lohse, ici au centre de dos, a personnellement volé 14 tableaux prestigieux (Monet, Renoir, Pissaro notamment) et les a caché dans le coffre-fort d'une banque suisse.

 

Le célèbre musée parisien a servi lui-aussi de lieu de stockage des objets spoliés. En octobre 1940, son directeur Jacques Jaujard met à disposition trois salles, sur demande expresse de l'ERR. Y seront entreposés, entre autres, les objets de l'Hôtel de Rothschild.

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Outre l'art et les objets de la vie quotidienne, la spoliation des Nazis concernait également les comptes bancaires, les propriétés foncières, les droits des auteurs et des compositeurs. 330 000 personnes ont été touchées par celle-ci pour la seule année 1940.

De 1940 à 1944, une salle du Jeu de Paume a été baptisée "Salle des martyrs" puisqu'elle abritait les œuvres volées exclusivement visibles par Goering. Sur ses murs, des toiles modernes de Braques, Chagall, Dali, Léger, Picasso ou encore Matisse qui servaient de monnaie d'échange avec des œuvres dites classiques plus appréciées des Nazis.

Dès leur arrivée sur le sol français, les Nazis manifestent leur intérêt pour les collections d'art de grandes familles juives. Différents services allemands et du gouvernement de Vichy, comme le Commissariat aux questions juives, s'affrontent pour les récupérer en premier. Ici, une modeste exposition de casseroles pillées dans les appartements visités.

 

 Parti de la gare du Nord le 15 mars 1941, le premier convoi emporte en Allemagne des centaines de caisses d'objets volés. En plus de 3 ans d'activité, la ERR a acheminé au total 28 convois. Ici, une salle d'exposition d'un grand magasin parisien réquisitionné.

 

A chaque victoire militaire, les Nazis s'emparaient de l'or monétaire du pays. Un butin utile pour le IIIe Reich en raison d'un conflit toujours plus coûteux. Lingots, pièces, bijoux, devises... Un commando spécial appelé Devisenschutzkommandos faisait main basse sur les coffres-forts des banques et des personnes fortunées. Ainsi, aux Pays-Bas, les Nazis se sont emparés entre autre de 100 tonnes d'or de la banque nationale.

Outre les biens subtilisés par les officiers nazis, certaines pièces rares ont été l'objet de trafic et revendues sur le marché de l'art. Des toiles réapparaissent des années plus tard comme le portrait du pasteur Adrianus Tegularius, de Frans Hals, volé par Hitler en personne, et qui appartenait à la famille Schloss.

Le 2 août 1944, cinq wagons quittent Paris. C'est le dernier voyage vers l'Allemagne d'objets spoliés aux familles juives françaises. Mais arrêté par la Résistance française, il n'a jamais franchi les frontières de l'Hexagone.

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A partir du printemps 1944, les Nazis ont commencé à transférer les objets du château de Neuschwanstein vers des mines de sel près de Salzbourg. Lorsque la guerre prend fin, les Alliés découvrent un trésor incroyable aussi bien dans la demeure de Bavière que sous terre, avec des caisses remplies de peintures, de sculptures et d'objets d'art remarquables.

 

Les caisses intactes retrouvées au château de Neuschwanstein sont reparties le 2 décembre 1945 en convoi vers la capitale. Bruno Lohse, qui s'est enfuit du château à pied, fut finalement arrêté par les Américains. Au total, la spoliation des nazis est estimée à 100 000 œuvres d'art et des millions de livres et de manuscrits.

 

L'ordonnance du 21 avril 1945 déclare "la nullité des actes de spoliation accomplis par l'ennemi ou sous son contrôle". La Caisse des Dépôts, qui a dressé la liste des propriétaires spoliés, a travaillé jusqu'en 1952 à la restitution des objets et des sommes.

 

Après la guerre, la Commission de récupération artistique a restitué quarante-cinq mille œuvres et objets d'art spoliés. Pour certains, leurs propriétaires n'ont jamais été identifiés. En 2008, Le Mur rose de Matisse a été restitué aux héritiers d'Harry Fuld Jr, propriétaire allemand spolié par les Nazis en 1941.

 

Certains objets d'art n'ont jamais été réclamés après guerre. 2000 d'entre eux ont ainsi été confiés à l'Etat en attente de retrouver leur propriétaire. En 2008, une exposition à Jérusalem a présenté 53 toiles spoliées pendant la Seconde guerre mondiale et jamais réclamées. Parmi elles, Les Baigneuses de Courbet.

Entre leur arrivée à Paris et leur défaite en 1944, les Nazis ont pillé des dizaines de logements de personnes déportées. Ils ont organisé une spoliation des biens juifs. Certains étaient des objets et œuvres d'art rares et d'une valeur inestimable. Si beaucoup d'entre eux ont été retrouvés intacts dans leur caisse de transport, dans le château de Neuschwanstein, qui servait d'entrepôt aux nazis, de nombreuses pièces d'exception ont disparu. Avant leur transport en Allemagne, les objets étaient triés, étiquetés et emballés par le Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg, une équipe de responsables nazis chargée de cette spoliation. En octobre 2010, le ERR Project a mis en ligne une base de données regroupant plus de 20 000 fiches et objets volés par les Nazis. Ces fiches descriptives ont notamment été rédigées au Jeu de Paume à Paris. 66 ans après, les familles des déportés peuvent ainsi espérer remettre la main sur quelques souvenirs familiaux.

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