Les troupes allemandes entrent dans Paris le 14 juin 1940. Fermement décidée à se maintenir à son poste, Rose Valland ignore tout du plan imaginé de longue date par les nazis pour saisir les œuvres d’art des territoires occupés de l’Ouest : le Luxembourg, la Belgique, les Pays-Bas et bien sûr la France.

    Dès sa prise de pouvoir en 1933, Adolf Hitler fait des arts un enjeu majeur de la politique national-socialiste.

    Soucieux d’imposer l’esthétique du IIIe Reich, il dénonce l’art moderne qualifié de « dégénéré » et expurge de sa présence les musées allemands. Les œuvres condamnées sont détruites, comme lors de l’autodafé berlinois du 20 mars 1939, ou vendues contre devises étrangères pour alimenter les caisses du Parti.

    Les pays conquis sont considérés comme un formidable réservoir d’œuvres aptes à nourrir les ambitions du Führer. Hitler envisage en effet la création d’un gigantesque musée des Beaux-arts à Linz, en Autriche.

    Pour alimenter ses collections, les services culturels nazis aux ordres de Goebbels rédigent un catalogue des réclamations des objets culturels d’origine germanique, connu sous le nom de rapport Kümmel.

    Les collections juives et franc-maçonnes font quant à elles l’objet d’un pillage systématique opéré par le service d’Alfred Rosenberg, l’ERR, qui choisit le Jeu de Paume comme siège de ses opérations.

    C’est donc par hasard que Rose Valland se trouve au cœur de la vaste entreprise de spoliation du patrimoine artistique français, le musée devenant le centre de triage des œuvres que l’on destine notamment au musée d’Adolf Hitler, à la collection personnelle d’Hermann Goering ou aux musées allemands.

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